Affluence des grands jours à la Distillerie de Maredsous ce mardi 31 mars : le nouvel alambic a été béni par le Père Abbé François Lear, en présence de nombreux partenaires. La production de gin et de whisky devrait passer de 30 à 200.000 bouteilles par an!
L’Abbaye bénédictine de Maredsous est l’une des abbayes les plus récentes en Belgique et la première fondée après la Révolution française. Elle a été bâtie entre 1872 et 1892 par l’abbaye de Beuron sur un vaste domaine agricole à Anhée dans la vallée de la Molignée, avec l’aide de la famille Desclée qui fit don des terres et assura le coût financier de l’opération. Son église abbatiale est érigée en basilique Saint-Benoît en 1926.
Ce faisant, la famille Desclée voulait marquer son soutien à l’Eglise après les destructions systématiques de la Révolution française – des 400 abbayes du royaume ne subsista que celle de Val-Dieu – mais aussi créer un centre intellectuel catholique, assurant promotion de l’art et de l’enseignement.
Des 136 moines de la ‘grande époque’, il n’en reste aujourd’hui plus que 20 pour s’occuper des cultures, du pain, de la fromagerie et de la houblonnière notamment. Si la recette des bières a bien été inventée par un moine de Maredsous, celles-ci sont brassées par Duvel-Moortgat et n’étant donc pas brassées sur place, n’ont pas droit au label « Authentic Trappist Product ».
©Marc Vanel
Ora et labora *
Après l’achat de cette vaste propriété rurale de plusieurs dizaines d’hectares, tout ou presque a été construit : abbaye, église, bâtiments monastiques, écoles et ateliers, pour donner le site actuel.
L’investissement de la famille Desclée a permis de créer l’un des grands ensembles monastiques modernes de Belgique, où tout est organisé autour de la prière et du silence, et de l’autosuffisance. Avec le temps et par la force des choses, serait-on tenté de dire, le site évolue pour accueillir des retraites spirituelles, tandis qu’ont également été créés des espaces pour les visiteurs (la visite actuelle est très didactique et intéressante) et d’hôtellerie monastique permettant de valoriser les différents produits.
Progressivement, les activités de l’abbaye ne se limitent pas à la prière et le lieu devient un foyer intellectuel et culturel en Belgique. Une école des métiers d’art est créée en 1903 pour former des artisans, une bibliothèque de plus de 400.000 ouvrages est érigée, et l’abbaye publie des textes religieux, dont une Bible en français. Faut-il préciser que la famille Desclée était active dans l’imprimerie et dans l’édition religieuse (missels et autres)…
En 1914, le Roi Albert anoblit la famille qui transforme son patronyme en Desclée de Maredsous. En 1926, l’église abbatiale est élevée au rang de basilique par Pie XI et après la Seconde Guerre mondiale, l’abbaye se modernise.
Bière et paix
Si la première bière de Maredsous est brassée en 1947, et les premiers fromages affinés en 1952, il faut toutefois attendre 2016 pour que Adrien Desclée de Maredsous décide de mettre en valeur les matières premières produites sur les terres familiales. La distillerie-herboristerie prend place au sein de la ferme familiale à Maredsous en 2016, puis au sein de l’abbaye (dans une ancienne porcherie) en 2023.
D’un haut niveau qualitatif, les spiritueux de Maredsous (liqueurs digestives et apéritifs) s’inscrivent dans la tradition monastique et artisanale de la région. Les différents produits de la gamme de gins bio – Invictus, Valéo, Aequatis – sont complétés par un Single Malt Whisky et par diverses liqueurs qui remportent régulièrement des médailles dans les concours internationaux.
Ceux-ci ne sont pas produits par les moines eux-mêmes mais par une équipe constituée d’Adrien, en association avec le maître-distillateur Manu De Cort, et avec la direction opérationnelle de la jeune et dynamique Oana van Hove.
La distillerie vient de passer un nouveau cap avec l’inauguration d’un second alambic qui lui permettra d’aller vers des produits d’excellence et surtout d’augmenter considérablement la production en passant de 30 à 200.000 bouteilles.
Ce second alambic est en outre beaucoup plus grand que le premier. « C’est un modèle Müller qu’on appelle Aroma », a précisé Adrien Desclée de Maredsous lors de l’inauguration. « Cet alambic est conçu pour extraire efficacement les composés aromatiques des plantes (lavande, thym, romarin…). » Il est très utilisé en aromathérapie, en parfumerie et par les petits producteurs. Ce système permet une distillation douce, un contrôle précis de la température et de la vapeur ainsi qu’une meilleure séparation des phases. Son rendement élevé en extraction est apprécié des utilisateurs.
L’ambition de la Distillerie de Maredsous est simple : devenir le meilleur d’Europe ! C’est tout le mal qu’on leur souhaite…
Contact : Distillerie-Herboristerie de Maredsous, rue de Maredsous 11, 5537 Denée/Anhée
Site : www.maredsous-distillery.com – abbaye@maredsous-distillery.com
*Ora et labora = prier et travailler
(Marc Vanel)
