Maison Sinnae © Jeff Habourdin Photographe

Les vins AOC Côtes du Rhône continuent de réaliser de bonnes, voire très bonnes performances sur le marché belge. Quelles sont les tendances actuelles dans la Vallée du Rhône ? Le développement du bio, la montée en puissance des vins blancs ainsi que l’essor de l’œnotourisme et des événements viticoles figurent parmi les principales évolutions du secteur.

La Vallée du Rhône compte 33 AOC et 481 caves certifiées. Pas moins de 328 activités œnotouristiques y sont proposées, offrant un large choix aux visiteurs. Entre juin et septembre, la région accueille également 433 événements liés au vin.

Neuf destinations bénéficient du label officiel « Vignobles & Découvertes ». Parmi les 212 possibilités d’hébergement œnotouristique recensées, 130, soit 61 %, se situent directement sur les domaines viticoles. Les visiteurs étrangers représentent 35 % de la clientèle œnotouristique. Parmi eux, les Belges occupent largement la première place avec 43 %, devant les Allemands (19 %) et les Néerlandais (12 %).

Par ailleurs, et ce n’est un secret pour personne, le marché du vin traverse une période plus difficile. Les jeunes Français sont de moins en moins enclins à consommer du vin. Pour la première fois de son histoire, la France a d’ailleurs consommé davantage de bière que de vin l’an dernier, selon les chiffres de l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin. Dans ce contexte, les producteurs des Côtes du Rhône misent de plus en plus, et avec enthousiasme, sur l’œnotourisme et l’événementiel autour du vin. Comme dans de nombreux secteurs, l’expérience est devenue le maître-mot.

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« Diversifier notre offre est essentiel », explique Christophe Censier, le gendre du propriétaire (le seul de la famille à travailler sur le domaine) et directeur commercial du Château Gigognan à Châteauneuf-du-Pape. « Il ne suffit plus de promouvoir l’image de la France comme pays du vin. Nous avons quelque peu oublié les jeunes générations, qui se sont tournées vers d’autres boissons. Peut-être devons-nous produire des vins plus légers ? Nous devons en tout cas nous réinventer et adapter nos vins aux attentes de cette nouvelle génération. Le storytelling devient également fondamental. Les consommateurs veulent comprendre ce qu’ils dégustent. Nous devons davantage investir dans cet aspect. »

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Une tendance marquante se confirme dans la région : la progression constante des vins biologiques.

« Lorsque nous avons repris le domaine en 2017, nous avons fait le choix d’une production exclusivement biologique », poursuit Christophe Censier. « Aujourd’hui, 25 % des domaines de la région produisent du vin bio, et nous devrions idéalement tendre vers 100 %. Le climat nous y aide : nous bénéficions d’un fort ensoleillement et du mistral, qui facilite la gestion sanitaire des vignobles. Toutes nos parcelles sont d’ailleurs plantées dans l’axe du mistral, qui souffle fortement près d’une centaine de jours par an. Je considère le mistral comme le véritable sauveur de nos vignobles. »

L’importance de la certification biologique est également soulignée par Guy Van Caenegem, ambassadeur du Château Gigognan en Belgique et CEO de Vin Quotidien, société qui vient d’inaugurer un nouvel entrepôt climatisé doté d’importantes capacités de stockage à Beersel, à proximité immédiate du Ring de Bruxelles. « Les distributeurs certifiés bio restent relativement peu nombreux sur le marché, mais nous avons fait ce choix stratégique et obtenu notre certification en 2024 », précise-t-il.

Les caves coopératives réfléchissent elles aussi à l’avenir et envisagent notamment de développer des vins présentant un degré d’alcool inférieur à la moyenne.

« Forts de notre savoir-faire et de notre engagement en faveur du respect de l’environnement, nous continuerons à valoriser nos cuvées actuelles, mais nous souhaitons également répondre à la tendance vers une consommation moins alcoolisée », explique Sophie Steinloff, responsable export Europe chez Rhonéa Artisans Vignerons (Beaumes-de-Venise, Rasteau, Vacqueyras). « Nous devons évoluer avec notre époque. »

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Les vins blancs connaissent eux aussi un véritable essor. C’est notamment le cas au sein de la Maison Meffre à Gigondas, certifiée bio depuis 2020, qui a lancé son Gigondas Blanc à l’été 2024.

« Parmi les quelque 60 producteurs de Gigondas, une dizaine élaborent aujourd’hui des vins blancs qui rencontrent une forte demande, particulièrement dans le secteur Horeca », souligne le sommelier Jasper Van Berkel. « Bien plus que de simples vins d’apéritif, ils disposent de véritables atouts gastronomiques, notamment grâce aux sols très calcaires qui caractérisent le terroir de Gigondas, situé à 260 mètres d’altitude. »

« Les Belges et les Anglais ont d’ailleurs été les premiers visiteurs étrangers à découvrir Gigondas dans les années 1960 », rappelle Henri-Claude Amadieu, directeur commercial de la Maison Amadieu, qui collabore en Belgique avec notamment Magnus Wijnen. « Je suis également convaincu de la nécessité de diversifier notre offre. Nous entretenons d’ailleurs un lien particulier avec la Belgique grâce aux chocolatiers artisanaux brugeois qui ont créé la Chocolaterie de Lencieux à Gigondas. Quant au chef Christophe Hardiquest, il a repris il y a quatre ans les cuisines de La Mère Germaine à Châteauneuf-du-Pape et a immédiatement obtenu une première étoile Michelin. »

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L’importance du marché belge est également reconnue par la Maison Sinnae à Chusclan, partenaire en Belgique de Le Palais du Vin-Cinoco.

« À Laudun, nous observons une évolution vers une viticulture biologique, tandis que l’obtention du statut de Cru ouvre de nouvelles perspectives de développement, notamment en Flandre », explique Pascal Stenger, responsable commercial Benelux chez Maison Sinnae. « Notre objectif est non seulement de consolider nos partenariats existants, mais également de recruter de nouveaux distributeurs connaissant parfaitement le marché Horeca belge. »

© Jeff Habourdin Photographe / © Studio Collin

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Carré du Palais