Mardi 31 mars, la Sucrerie de Wavre s’est métamorphosée pour laisser place au Trophée Romeyer. Les élèves, coachs, professeurs et membres du jury ont vibré au rythme des casseroles, des dressages minutieux et d’une tension palpable. Pendant cinq heures, quinze élèves issus de cinq écoles hôtelières de Wallonie et de Flandre se sont affrontés avec une concentration remarquable à l’occasion de la 21e édition du Trophée Romeyer.
IPES de Wavre : une victoire qui confirme la relève
À la Sucrerie de Wavre, transformée pour l’occasion en véritable cuisine de compétition, la tension était palpable. Pendant cinq heures, les gestes étaient précis et les regards concentrés. La 21e édition du Trophée Romeyer a, une fois encore, révélé toute l’exigence – et la beauté – du métier.
Créé en hommage à Pierre Romeyer, ce concours est devenu un rendez-vous incontournable pour les écoles hôtelières. Organisé par l’IPES de Wavre, la Province du Brabant wallon et Euro-Toques, il poursuit un objectif clair : rapprocher l’enseignement du terrain et valoriser les talents de demain.
Un défi complet, entre technicité et créativité
Cette année, cinq écoles étaient en lice : l’IPES de Wavre, l’Institut Cardinal Mercier de Waterloo, l’Institut Saint-Joseph de La Louvière, le PISO de Tirlemont et l’Hotelschool de Hasselt. Chaque équipe, composée de trois élèves de la section hôtellerie (accompagnés d’un remplaçant), était coachée par un professionnel de terrain ou un maître de stage.
Le défi ? Imaginer et réaliser un menu complet en sublimant une sélection de produits imposés : une entrée autour de la joue de thon rouge (On S’en Fish), un plat mettant à l’honneur la noix de jambon ou le jambonneau (Impérial) et un dessert à base de chocolat (Valrhona). À cela s’ajoutait notamment une touche bien de chez nous, avec l’intégration de la bière Bush de Charmes, invitant les candidats à jouer sur les accords et les contrastes.
Des produits bruts, exigeants, qui demandaient précision, créativité et une vraie compréhension des saveurs mais aussi de la découpe, notamment pour la joue de thon.
Une organisation collective et des nouveautés marquantes
À la Sucrerie, métamorphosée en cuisine de concours, tout était pensé pour coller au plus près de la réalité professionnelle. Autour des élèves : des coachs, des professeurs mais aussi toute une équipe mobilisée en coulisses.
La section hôtellerie, épaulée par l’option informatique, a d’ailleurs contribué à faire de cette édition une réussite, notamment grâce à des outils facilitant le suivi et l’évaluation. Autre nouveauté signée par Curtis Mulpas, professeur à l’IPES : l’introduction de parrains et marraines, renforçant encore les liens entre formation et monde professionnel.
« Une expérience proche du réel »
Comme le souligne Damien Huylebroeck, impliqué dans l’organisation : « L’objectif est de rapprocher les élèves du terrain et de valoriser tout le travail réalisé avec les écoles et les partenaires. » Une philosophie que l’on ressent à chaque étape du concours.
Un jury d’experts et un palmarès révélateur
Sous la présidence de Maxime Van Bellingen (restaurant Le Destin à Waterloo), le jury en cuisine, épaulé par un jury en salle, a évalué les candidats avec exigence : cuisson, équilibre des saveurs, dressage, créativité, organisation… Rien n’a été laissé au hasard.
Et le verdict confirme une dynamique déjà bien installée : pour la deuxième année consécutive, l’IPES de Wavre remporte le Trophée Romeyer avec un score de 67,7 %. L’Institut Cardinal Mercier de Waterloo/Braine décroche la deuxième place et repart également avec le Trophée Euro-Toques, tandis que la Hotelschool de Hasselt complète le podium et se voit attribuer le Trophée du Brabant wallon.
D’autres distinctions sont venues saluer des performances spécifiques : le Prix du Meilleur Dessert pour Hasselt et le Prix du Coach de l’Année pour l’Institut Saint-Joseph de La Louvière, récompensant un accompagnement exemplaire.
Une compétition… Et une véritable école de vie
Au-delà des résultats, le Trophée Romeyer reste une expérience profondément formatrice. Travailler sous pression, gérer un minutage serré, collaborer efficacement, défendre ses choix culinaires… Autant de compétences essentielles pour ces futurs professionnels.
Mais surtout, ce concours met en lumière des valeurs fondamentales : la transmission du savoir-faire, le respect des produits, l’esprit d’équipe. Des piliers essentiels dans un secteur en constante évolution.
Dans cette cuisine éphémère, il n’y avait pas seulement des élèves. Il y avait déjà des chefs en devenir, une énergie collective, une passion sincère.
Et une certitude : la gastronomie belge peut compter sur une relève inspirée et engagée.
(ml)

