La Cour des comptes européenne a examiné les systèmes de contrôle de l’huile d’olive dans l’Union européenne. Si le cadre légal est solide, sa mise en œuvre par les États membres laisse parfois à désirer — avec des implications pour la qualité des produits, la confiance des consommateurs et l’intégrité de la filière.

Un secteur stratégique pour l’UE

L’huile d’olive est un produit emblématique de l’UE : premier producteur, consommateur et exportateur mondial, elle incarne à la fois un outil économique, culturel et nutritionnel de premier plan. Sa réputation de qualité est essentielle pour maintenir la confiance des consommateurs, notamment pour l’huile d’olive vierge extra, vendue à un prix premium.

L’Union européenne a mis en place une réglementation complète pour garantir que l’huile d’olive vendue sur son marché soit :

  • authentiqueet conforme à la catégorie indiquée sur l’étiquette,
  • sécuritairedu point de vue sanitaire,
  • traçable, avec une origine clairement vérifiable.
    Ce régime combine contrôles chimiques, organoleptiques et documentaires et impose des exigences minimales de contrôle aux États membres.

Mais son application varie selon les pays

L’audit révèle que :

  • Plusieurs États membres ne réalisent pas le nombre minimal de contrôles requisou les planifient sans analyse des risques suffisamment rigoureuse.
  • Certains contrôles, notamment laboratoires ou organoleptiques, sont incomplets ou irréguliers.
  • Les systèmes de sanctions ne sont pas toujours efficaces, proportionnés ni dissuasifs, ce qui affaiblit la lutte contre la non-conformité.
  • La Commission européenne ne dispose que d’une vision partielle du fonctionnement effectif des contrôles nationaux.

On constate notamment :

– Des failles dans les contrôles sanitaires

Le rapport distingue deux aspects :

  1. Pesticides : les contrôles de résidus de pesticides fonctionnent relativement bien, avec peu de dépassements de limites légales détectés.
  2. Autres contaminants : En revanche, les contrôles relatifs à d’autres substances potentiellement indésirables sont moins développés et moins systématiques, notamment pour l’huile importée de pays tiers.

– Une traçabilité encore fragile

Bien que des règles de traçabilité existent, elles manquent de cohérence opérationnelle. Selon l’audit, il a été impossible de retracer l’origine de certaines huiles d’olive à partir des informations disponibles — un point particulièrement sensible pour les professionnels et consommateurs soucieux de l’origine géographique des produits. 

Recommandations principales

La Cour formule plusieurs recommandations :

  • Renforcer la surveillance européennedes systèmes de contrôle nationaux.
  • Clarifier les règlessur l’assemblage de différentes huiles d’olive.
  • Améliorer les orientations pour les contrôles de contaminants, en incluant davantage les importations.
  • Préciser et harmoniser les exigences de traçabilité, avec une meilleure coopération transfrontalière.
    Ces actions visent à renforcer la confiance dans la qualité et l’authenticité des huiles d’olive vendues dans l’UE.

Vers plus de garanties à l’avenir

La qualité affichée et réelle d’une huile d’olive peut donc varier selon les systèmes de contrôle appliqués, même si les règles européennes sont solides. La transparence et la traçabilité deviennent des critères de plus en plus importants pour garantir un service haut de gamme et pour répondre aux attentes des consommateurs avertis.

La Cour des comptes européenne recommande de renforcer la supervision des contrôles nationaux, d’améliorer les règles de traçabilité et de mieux encadrer les huiles importées. Des évolutions qui, à terme, devraient profiter aux professionnels exigeants. En attendant, le rapport rappelle une évidence : dans l’Horeca, la qualité ne se joue pas uniquement en cuisine, mais aussi dans les choix d’approvisionnement.

Pour les acteurs de l’Horeca, ces constats impliquent une vigilance accrue dans le choix des fournisseurs. Prix attractif et mention ‘vierge extra’ ne suffisent plus : certificats, transparence, constance qualitative et réputation du producteur deviennent des critères essentiels. À défaut, le risque est double : décevoir le client… et nuire à la crédibilité de l’établissement.

(PVW)